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Instantanés au féminin sur des tranches de vie Neuf artistes-femmes tchèques expriment à travers des photos leur point de vue sur le monde. Une exposition qui illustre un art au féminin où la liberté de ton reste le caractère dominant Dimanche 15 décembre 2002 Par Farida Belkhiri The Women’s Eye View est le titre d’une exposition de photographies féminines tchèques qui se tient actuellement au palais de la Culture. Il en résulte un panorama du regard féminin sur le monde et c’est alors au travers de multiples formes, où se côtoient des scènes volées de la vie quotidienne et celles plus élaborées, plus créatives, où l’artiste photographe se métamorphose en metteur en scène. Univers en noir et blanc où se reflète le jeu trouble du regard avec une dominante, l’option pour le jeu d’ombre et de lumière qui dessine avec finesse les lignes et les courbes d’une femme avec une forte charge érotique. L’œuvre d’Irena Armutidisova, par exemple, est illustrée à travers des symboles érotiques confrontés à des fragments du corps humain. Les formes du corps à peine éclairées se détachent du fond totalement obscur, créant par ses tons contrastés, un langage à la fois énigmatique et instinctif. Michaela Brachtlovà choisit le même support mais opte cependant pour une expression fragmentée. Elle utilise le corps humain comme si c’était un morceau d’argile, et construit à travers lui un monde sans artifice. Les autres photographes préfèrent l’élaboration des mises en scène. Dans le regard artistique de Magdalena Pazourkova, on peut déceler des concepts abstraits ou métaphoriques pour illustrer des tranches de vie, la réalité au quotidien. De son côté, Dita Pepe voue sa préférence à la mise en scène. Les femmes constituant sa thématique, elle s’emploie alors à refléter dans ses photographies toute la sensibilité féminine qui se dégage face à différents événements de la vie. Pavla Harchova donne pour sa part une vision très réaliste et objective de ce qu’elle observe autour d’elle. Elle se contente de reproduire une réalité du vécu et de la présenter à l’état brut. On retrouve ce procédé dans les photographies de Katerina Jochova. L’artiste traque avec son objectif l’évolution de plusieurs générations qui ont traversé la société de la République de Tchéquie bien qu’elle ait davantage consacré tout un champ visuel en forme de portraits à la nouvelle génération. Sur l’une de ses photos, elle a capté l’image d’un couple de jeunes qui exprime sa révolte, non à travers le regard ou le visage, mais à travers sa tenue vestimentaire. A demi nu, le couple réclame sa liberté d’une manière originale. Johana Havelkova s’investit dans un contexte plus osé. Le nu tout court. Avec une simplicité désarmante, elle reforme les corps humains masculins dans toutes leurs virilité et fragilité. Du lot du collectif de photographes se distingue Barbora Tomasova qui axe son regard sur la nature et les mondes animal et végétal qui la peuplent. C’est alors l’éblouissement du regard devant un ver de terre qui frôle les feuillages, et qui réussit à dessiner au gré des mouvements de son petit corps une peinture dont les formes ressembleraient à s’y méprendre à celles d’une arabesque. Dans cette exposition, chaque photographe donne une vision singulière du monde. Le public peut découvrir cet univers façonné par le regard artistique des photographes à travers cette exposition qui durera jusqu’au 27 décembre. F. B. Copyright © 2000 Omnium Maghrébin de Presse - La Tribune . All Rights Reserved. |